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Après le CAP électricien : créer son entreprise ou rester salarié ?

👤 Didier
📅 7 juin 2026
⏱️ 7 min de lecture

Rester salarié ou se lancer à son compte : c’est la question que se posent beaucoup d’électriciens à un moment de leur carrière. Les deux voies ont leurs avantages. Tout dépend de ce que vous cherchez vraiment – stabilité, liberté, revenus, autonomie. Voici ce qu’il faut savoir pour choisir sans se tromper.

Le métier d’électricien offre aujourd’hui des perspectives solides, quel que soit le statut choisi. Mais les réalités du quotidien sont très différentes selon que vous travaillez en entreprise ou à votre compte.

Salarié ou entrepreneur : les avantages de chaque statut

Le statut salarié, c’est avant tout la sécurité. Le statut de salarié dans une entreprise d’installation propose une stabilité salariale accompagnée de primes liées aux conditions de travail, comme les primes de panier ou les indemnisations pour déplacements. Pas besoin de chercher des chantiers, pas de gestion comptable, pas de devis à rédiger. Et le métier d’électricien fait partie des métiers du BTP qui recrutent le plus – plus de 14 000 postes sont à pourvoir selon l’enquête de Besoins en main-d’oeuvre de France Travail de 2025.

Du côté entrepreneur, c’est une autre logique. L’électricien à son compte bénéficie d’une autonomie totale contrairement au salarié. Il choisit librement ses clients, ses horaires et ses tarifs, sans lien de subordination. Et côté revenus, la différence peut être significative : un électricien indépendant peut toucher jusqu’à 5 000 euros par mois, là où un salarié est payé au SMIC en début de carrière, avec une rémunération qui évolue jusqu’à environ 2 500 euros bruts avec l’expérience.

Ce que chaque statut implique concrètement

Côté salarié, vous bénéficiez de la protection sociale complète, des congés payés, de la mutuelle d’entreprise. En contrepartie, vous n’avez pas la main sur votre organisation ni sur vos clients.

Côté entrepreneur, le régime convient particulièrement aux artisans travaillant seuls, sans salariés. Il permet d’exercer en toute légalité tout en restant libre dans l’organisation de son travail – une autonomie précieuse pour ceux qui recherchent un équilibre entre activité professionnelle et vie personnelle. Mais attention : les prestations sociales sont similaires à celles des salariés, à l’exception de l’assurance chômage.

Bon à savoir : le label RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) n’est pas obligatoire, mais il peut constituer un vrai plus pour le développement de votre activité. Les prestations proposées seront ainsi éligibles aux aides de l’État pour la rénovation énergétique, ce que vos clients ne manqueront pas d’apprécier.

Les conditions pour s’installer à son compte en électricité

Le métier est réglementé. On ne s’installe pas électricien indépendant sans justifier d’une formation ou d’une expérience sérieuse. L’électricien qui souhaite créer son auto-entreprise ou une société doit obligatoirement justifier soit d’un diplôme d’électricien (CAP, bac professionnel, BTS), soit d’une expérience professionnelle d’au minimum trois années en tant qu’électricien.

Pour créer son entreprise d’électricité, plusieurs statuts juridiques sont possibles. Le statut de micro-entrepreneur est idéal pour les électriciens débutants ou ceux qui souhaitent tester leur activité en solo. Ce régime offre une grande simplicité administrative et fiscale. Les charges sociales sont calculées sur la base du chiffre d’affaires réalisé, et ce dernier est plafonné à 77 700 euros par an pour les prestations de services.

Au-delà de la micro-entreprise, d’autres structures existent : EURL, SASU. Créer une société unipersonnelle de type EURL ou SASU permet de distinguer l’activité professionnelle et de limiter la responsabilité, et même d’embaucher. Ces formes juridiques, plus complexes, nécessitent de tenir une comptabilité, de changer de mode d’imposition et de taux de cotisations sociales.

Les assurances obligatoires

C’est un point qu’on ne peut pas ignorer. L’auto-entrepreneur électricien a l’obligation de souscrire trois assurances professionnelles : la garantie décennale, la garantie biennale et l’assurance responsabilité civile professionnelle. Ces couvertures protègent à la fois vos clients et votre activité en cas de sinistre.

Point d’attention : le régime auto-entrepreneur ne permet pas de déduire les charges professionnelles – matériel, frais de déplacement – du chiffre d’affaires pour le calcul des impôts, ce qui peut être un inconvénient dans le secteur de l’électricité où les investissements en matériel sont fréquents. Dans une structure classique comme la SARL ou l’EURL, ces charges sont déductibles, réduisant le montant imposable.

Les démarches administratives pour se lancer

Une fois le statut choisi, les choses sont assez claires. Créer son activité en tant qu’électricien auto-entrepreneur implique plusieurs étapes : effectuer la déclaration de début d’activité, immatriculer la micro-entreprise au Répertoire des Métiers. Cette déclaration inclut le choix du code APE, qui identifie l’activité exercée – 43.21A pour les travaux d’installation électrique dans tous locaux, ou 43.21B pour les travaux sur la voie publique.

La déclaration du chiffre d’affaires doit être réalisée au plus tard 90 jours après le début de l’activité. Elle se fait en ligne sur le portail de l’URSSAF. Les cotisations sociales sont calculées en fonction des revenus et doivent être réglées selon la périodicité choisie – mensuelle ou trimestrielle.

Pour les structures plus élaborées comme une SARL ou une SASU, les démarches sont plus lourdes. La création d’une société implique notamment la rédaction des statuts, dont la complexité varie selon la structure juridique choisie. Il faut aussi prévoir la publication d’une annonce légale et le dépôt du capital social.

Les outils pour bien démarrer à son compte

Se lancer, c’est bien. Savoir gérer son activité au quotidien, c’est encore mieux. Plusieurs outils sont indispensables dès le départ.

Premier réflexe : maîtriser la gestion des devis. Un devis est obligatoire dès que la prestation dépasse 150 euros. Pour structurer vos documents commerciaux efficacement et savoir comment faire vos propres devis, des guides spécialisés existent pour vous accompagner pas à pas dans la mise en forme et les mentions obligatoires.

  • Un logiciel de facturation pour générer devis et factures rapidement
  • Un suivi de trésorerie pour anticiper les périodes creuses
  • Une assurance RC Pro et une décennale souscrites avant le premier chantier
  • Un compte professionnel dédié à l’activité

Et si vous avez besoin de vous former ou de vous recycler avant de vous lancer, sachez que des formations certifiantes existent. Toutes les formations référencées sur mon-institut-du-btp.fr délivrent des certifications officielles – titres professionnels, diplômes d’État ou certificats reconnus, condition obligatoire pour l’éligibilité au CPF.

« Le secteur de l’électricité recrute massivement, avec des perspectives d’évolution vers la domotique et les énergies renouvelables – deux axes en forte croissance en 2026. »

Salarié ou entrepreneur, le métier d’électricien offre de réelles perspectives. Le plus important, c’est de faire un choix aligné avec votre situation personnelle, vos objectifs financiers et votre tolérance au risque. Prenez le temps de comparer les statuts avant de signer quoi que ce soit.

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